Ensemble, face au diabète

La dénutrition : maladie silencieuse qui peut tous nous toucher.

La dénutrition est un des grands sujets de prévention depuis plusieurs années : méconnue et silencieuse elle ne présente pas moins des conséquences importantes.

Alors qu’elle peut paraître évidente chez les patients amaigris, elle touche également les personnes en situation d’obésité, les personnes âgées, ainsi que les patients diabétiques ou atteints de toute autre maladie chronique. En effet, dénutrition, diabète, obésité et vieillissement sont étroitement liés de par leurs complications communes : difficulté de cicatrisation, vulnérabilité face aux infections, augmentation de la fréquence et de la durée d’hospitalisation…

Alors, qu’est-ce que la dénutrition ? Qui concerne-t-elle ? Comment peut-on la prévenir et comment y faire face lorsqu’elle est déjà installée ?

Définition :

La dénutrition est définie comme un déséquilibre protéino-énergétique : concrètement cela signifie que pour diverses raisons possibles votre organisme ne reçoit pas suffisamment de protéines et/ou d’énergie par rapport à ces besoins pour fonctionner correctement.

Cela peut être liée à des besoins plus importants (inflammation, cancer, …) et/ou une diminution des apports (manque d’appétit, troubles digestifs, altération du goût, …) et/ou d’un déséquilibre des apports en protéines, lipides et glucides.

De plus, le déséquilibre du diabète diminue l’utilisation normale des protéines consommées. Aussi, la résistance à l’insuline (chez les personnes en obésité) et la production insuffisante d’insuline entrainent une dégradation des protéines musculaires avec pour conséquence une fonte musculaire.

Comment la dépister ?

Pour diagnostiquer la dénutrition plusieurs critères sont à prendre en considération :

  • L’Indice de Masse Corporel (IMC) : il se calcule en divisant votre poids en kg par votre taille en cm au carré (Taille*Taille) :
    • Si l’IMC est en dessous de 21 kg/m² chez les personnes de plus de 70 ans et inférieur à 18.5 kg/m² chez les adultes de moins de 70ans, il est insuffisant et traduit une probable dénutrition
    • Si votre IMC est supérieur à 30 vous pouvez être en situation d’obésité sarcopénique : cela s’apparente à un état de dénutrition. Elle se définit comme une présence trop importante de masse grasse et une insuffisance de masse musculaire. On peut évaluer ce rapport grâce à des balances à impédancemétrie ou lors d’examen radiologique. Ce déséquilibre entraine une inflammation qui favorise la destruction des protéines.

 

  • Une perte de poids rapide et importante (5% en 1 mois ou 10% en 6 mois), par exemple :
    • une perte de 6 kg en 1 mois avec un poids initial de 120 kg (ou plus de 12 kgs en 6mois)
    • une perte de 4 kg en 1 mois avec un poids de départ de 65 kg
  • Une diminution des consommations alimentaires habituelles
  • Diverses pathologies…
  • L’albuminémie : protéine sanguine qui diminue lorsqu’on est dénutrie, mais aussi lorsqu’on est diabétique. Votre médecin peut vous la prescrire lors d’un bilan sanguin.

*L’obésité sarcopénique

Prévenir la dénutrition

Afin d’éviter la dénutrition et ses conséquences, il vous est recommandé de maintenir une alimentation variée et équilibrée selon les recommandations nutritionnelles.

Veillez à manger suffisamment en quantité avec des apports en protéines réguliers :

  • Consommez au moins 100g/jour de viande, poisson ou œufs en une à 2 fois, et 2 à 3 produits laitiers/jour. Ce sont des sources de protéines animales.
  • Consommez 2 à 3 fois par semaine des légumineuses et aussi souvent que possibles des céréales complètes, fruits oléagineux (amandes, noix, noisettes, pistaches…). Ce sont des protéines végétales (la quantité et la qualité de ces protéines est moindre mais pas moins importante).

Mangez des féculents, produits céréaliers, légumineuses et fruits à chaque repas pour l’équilibre des glycémies et un apport énergétique suffisant (ils représentent 50% sur la journée).

Les matières grasses ne doivent pas être négligées non plus : à raison de 10g de beurre/jour et de 10g d’huile/personne à chaque repas. Variez vos modes de cuisson et les sources de matières grasses.

Vous pensez être dénutri ? Ce n’est pas une fatalité !

Parlez-en à votre médecin qui pourra faire un diagnostic approfondi, et vous orientera vers les professionnels qui vous accompagneront pour adapter votre alimentation et votre activité physique.

Quelques astuces pour augmenter vos apports en protéines et énergie toujours dans le cadre d’une alimentation variée et équilibrée :

  • Augmentez le nombre de repas en intégrant une ou plusieurs collations si l’appétit est diminué.
  • Enrichissez votre alimentation :
    • Incorporez des protéines (œufs, poudre de lait, lait concentré, fruits oléagineux, viande ou poisson mixé, lait, fromage râpé, fromage fondu …) dans vos purées, potages, gratins etc…
    • Introduisez les glucides complexes dans vos entrées et desserts (croûtons, riz au lait, semoule au lait, farine dans la sauce…)
    • Pensez aux entremets sans sucre (flan, crème aux œufs etc…)
    • Ajoutez des matières grasses crues de qualités (huile de noix, pépins de raisins, …)
  • Privilégiez un environnement favorable pour maintenir le plaisir de manger :
    • Stimulez vos sens en commençant par une cuisine colorée, créative et goûteuse (usez d’herbes, aromates, épices…).
    • Mangez le plus souvent possible en famille, ou avec un proche (dans le respect des mesures barrières en cas de pandémie).

N’hésitez pas à demander conseils à un professionnel de l’alimentation (diététicien nutritionniste) pour vous accompagner dans des choix adaptés.

  • Activité physique

La dénutrition étant à la fois une conséquence et l’origine d’une masse musculaire insuffisante, il est indispensable d’augmenter l’activité physique en parallèle d’une alimentation variée, équilibrée et couvrant vos besoins. Pour cela, il est conseillé de vous rapprocher d’un professionnel qui sera en mesure de vous proposer une activité adaptée à pratiquer régulièrement et durablement. Toute minute supplémentaire pour faire bouger votre corps sera bénéfique pour celui-ci. Cela permettra un regain de masse et de force musculaire pour les actes de votre vie quotidienne (porter les courses, monter les escaliers, se lever d’une chaise…). Le professionnel pourra également vous conseiller pour adapter votre activité aux mesures sanitaires actuelles.

Il peut être parfois nécessaire d’adapter temporairement votre traitement pour le diabète (sur avis médical) le temps d’améliorer votre état nutritionnel.

Comme pour toute situation, votre alimentation et votre activité physique doivent être adaptées individuellement en vous proposant des solutions personnalisées : vous êtes unique, votre santé l’est aussi.

Article rédigé par Amandine SAVOCA, Diététicienne Nutritionniste